jeudi 5 août 2010
A Beyrouth comme a Montreal
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A Beyrouth, la temperature actuelle est exactement comme a Montreal, c'est-a-dire autour des trente degres celsius avec une humidite accablante, voire suffocante surtout dans des chambres d'hotels mal aerees. Cette compraison n'est toutefois pas valable en ce qui concerne le climat social. Le Liban, avec Beyrouth comme mosaiques ou convergent les tensions confessionnelles du pays, est toujours sur le point d'ebulition. Je ne suis malheureusement pas reste assez longtemps dans le pays pour vous faire un compte rendu detaille qui y regne. Toutefois, et malgre le fait qu'il est franchement paisible de visiter ce pays et ces habitants foncierement accueillants, le peuple libanais est non seulement meurtri mais il semble a tout moment preparer a retourner dans le cauchemar si familier de la guerre.
Tout d'abord, l'armee est omnipresente dans le pays. Il est au premier regard etrange et inquietant d'apercevoir des chars-d'assaut dans la capitale d'un pays qui n'est officiellement pas en guerre contre qui que ce soit. Et outre l'artillerie lourde, la presence, beaucoup plus importante, de soldats armees (qui sont par ailleurs utiles pour retrouver son chemin...), de barrages routiers et de barricades militaires le long des routes ou dans les quartiers et villages les plus paisibles rappellent a tous que ce pays est pret a faire feu. Contre qui exactement? Israel? Le Hezbollah? Les Phalangistes? Difficile a dire puisque meme dans l'armee les bataillons sont repartis selon la represantation estimee des 18 confessions officielles du pays.
Et quelle importance que l'appartenance confessionnelle en ce pays! Un exemple. Alors que je prenais une biere dans un des tres nombreux bars de Beyrouth, une cliente reguliere de l'endroit n'a pas tarde a me renseigner, un peu malgre elle, sur l'attention obsessive qui est accordee a l'affiliation religieuse d'un individu. En effet, apres avoir utilise une formule de salutation commune a tous les pays arabes (assalam aelikum - que la paix soit sur vous) je me suis fait gentillement expliquer que dans un quartier chretien il etait beaucoup plus approprie d'utiliser des formules a consonnances moins musulmanes tel que bonjour ou son equivalent arabe. En effet, ici, meme si il y a des bars dans tous les pays musulmans que j'ai visite, il semble aller de soi qu'un bar se trouve necessairement dans un quartier chretien. Premiere lecon importante. Ensuite, il semblerait qu'il est coutume pour un chretien de n'utiliser aucune formule musulmane dans la langue arabe. Ah bon, et moi qui croyait, qu'en fin du compte, les trois grandes religions monotheistes s'en remettaient tous au meme Dieu (peu importe qu'un tel soit le fils ou le prophet ou que le prophet soit a venir ou ...). Pour les Libanais, tout cela fait une difference parce les confessions sont determinees par les liens de sang et que chacun colle a son etiquette religieux comme si rien d'autre ne pouvait mieux les definir.
Face a toute cette violence, face aux trous de balles dans les murs d'edifices comme autant de temoignages. Malgre l'absence de solutions pacifiques a la segregation ambiente, le Liban est un pays fier qui vit ne pense pas trop aux lendemains desanchanteurs a venir. Je pense d'ailleurs que cela explique une forte propension qu'ont les Libanais a depenser sans compter dans des voitures de luxes, les clubs et restos branches et les vetements de marques. Entre vous et moi, les Libanais qui revent de voir Beyrouth retrouver son etiquette de Paris du Moyen-Orient ont encore du pain sur la planche.
samedi 10 juillet 2010
L'appel de la nature
dimanche 4 juillet 2010
Tout le monde à bord!
mardi 29 juin 2010
Quand le tourisme souffre d'embonpoint sévère
mercredi 16 juin 2010
Le nez bouché, les yeux ouverts
Mon départ du Maroc pour l’Égypte a mal commencé par un avion manqué. Imaginez-vous donc que le changement pour l’heure avancée du Maroc a devancé mon billet d’avion de 23h05 à 00h05 de la même journée... Drôle de logique qui fait qu’au moment d’enregistrer mes bagages, j’avais déjà manqué mon vol depuis quelque chose comme 19 ou 20 heures! La pénalité de 1600 DH à payer et le vent de panique passé, j’ai tout de même réussi à prendre l’avion pour rejoindre le Caire et mon ami Patrick – nous sommes désormais un duo pour les prochaines six semaines. Je vous en donne des nouvelles si jamais il y a moyen de se faire rembourser les frais advenant l’absence de logique des compagnies aériennes – pourquoi donc ne pas prévoir le changement d’heure au moment de l'achat du billet? – mais pour le moment je me la joue zen et je mets ça au compte des expériences “qui nous font grandir”. N’empêche, la providence n’est pas de mon côté quand il s’agit de trajets longues distances. Du Guatemala à Montréal, mon vol avec escales avait duré 23 heures au lieu de 12 en raison des vent violents. Une année auparavant, mon trajet d’autobus de Montréal à New York, par les efforts combinés d’une tempête et d’ennuis mécaniques, avait mis douze heures supplémentaires pour nous conduire à bon port. Adieu le long weekend de trois jours...
Bref, si quitter le Maroc ne s’est pas fait sans douleur, arriver au Caire nous aura donné un léger haut-le-coeur. Ville surchauffée de plus de 20 millions d’habitants, le romantisme appréhendé par l’égyptologue qui sommeille en nous est rapidement étouffé par une pollution suffocante, envahissante. Le bleu du ciel a depuis longtemps cédé la place à des teintes de gris-sales qui réussissent même à faire disparaître le soleil par moment. À cela s’ajoute la circulation dense, chaotique et excessivement bruyante : les feux de circulation sont absents (imaginez!) et le klaxon est LE moyen de se frayer une place dans cette jungle urbaine. Pour finir, pour emballer le tout, l’absence de gestion apparente des déchets n’a d’égal que l’insouciance, l’ignorance aussi sans doute, avec laquelle les citoyens se débarrasent de leurs déchets directement dans la rue. Non, je n’exagère pas et même quand on prend la peine de demander à jeter un papier à la poubelle, on se fait indiquer la rue derrière soi. Disons qu’après avoir passé un mois à respirer le grand air des montagnes du Rif, mon nez s’en est pratiquement trouvé victime d’un traumatisme olfactif.
C’est donc pourquoi nous n’avons donc pas pris plus que les quelques jours nécessaires dans cette grande ville qu’est le Caire pour faire connaissance avec elle et dire bonjour aux fameuses pyramides de Cheops et compagnie. Oui, j’ai vu des pyramides et le Sphinx. Il fallait toutefois s’y attendre, ce site historique se comporte comme une grande vedette hollywoodienne, avec tout le tapage commercial et médiatique – représentations miniatures à vendre, tours de chameau ou de cheval, crayons souvenirs, spectacle de sons et lumières le soir, etc. – et ces millions de papparazis qui débarquent, tous les dix minutes, d’un de ces ignominieux bus voyageurs tout-inclus.
Un mot pour qualifier le Caire et les environs? Ouf! Je suis venu, j’ai vu, et j’ai survécu... à la capitale Égyptienne en sachant bien maintenant que les dimensions d’une grande ville sont à jamais repoussées dans mon esprit. Montréal est une petite grande-ville. New York, est une mégalopole bien vivante et le Caire se trouve dans une catégorie à part. À un point tel qu’elle est fascinante malgré tout.
À la semaine prochaine donc, d’où je reviendrai d’un oasis plein de palmiers et de sources d’eau naturelles. De quoi prendre un bon bol d’air frais.
mardi 8 juin 2010
Bye bye Maroc, sniff !
Les expressions marocaines sont souvent l'heureux résultat d'un mélange d'arabe et de divers dialectes berbères. Il y a de ces mots qui sonnent bien, que l'on trouve pesque des prétextes pour les dire de nouveau, pour refaire les mimiques qui les accompagnent.
Le "flouss" : c'est l'argent, sujet omniprésent dans une relation entre un touriste et son holmologue marocain. Il est toujours bien de pouvoir combiner flouss avec "bizef " (beaucoup ou trop selon le contexte) devant un marchant un peu gourmand. Pour bien réussir la combinaison, il faut prendre la face du "niaise-moi pas, je suis pas né d'la dernière neige" et dire "hada bizeeeeef de flouss!" Rien que comme ça, j'ai pu faire réduire de moitié le prix initial.
Devant les enfants, il faut plutôt éviter de montrer quelque richesse apparente. Si, par exemple, vous marchez à la montagne avec une grande boutielle d'eau froide à la main, ne vous surprenez pas qu'une bonne dizaine ou plus d'enfants vous courent après pour la bouteille, un stylo, du flouss... Il faut donc tout cacher et utiliser un autre de ces mots fantastiques : "walou". Allez-y, dites "walou", ou rien, quelques fois pour que ça sonne naturel et utilisez-le à la maison ou au travail. Du pur plaisir ! "Arachi dirham, arachi stylo" disent les enfants. Désolé, "la aïndi walou" (j'ai rien)... Waaalou! (Ici aussi on peut mettre l'emphase sur la voyelle au cas où l'on insiste).
Par ailleurs, la religion musulmane est très présente dans le language courant. Il est à la fois très utile et drôle de maîtriser certaines des millions de références à Dieu que l'on entend quotidiennement. Bismil'lah, au nom de dieu, est à mon avis la plus utile. Lors de n'importe quelle transaction marchande, dire bismil'lah remet au nom de dieu l'honnêté du prix payé... vous devriez voir voir la tête de certains quand je prononce ces mots! J'ai un ami qui a vu le prix de ses légumes diminuer rien que pour ça! Enfin, on s'en remet à dieu pour tout ici : avant un exercice physique exigeant, en démarrant le moteur de l'autobus ou du taxi (j'aimerais mieux qu'on s'en remette à la bonne mécanique mais bon...) et aussi à chaque que l'on commence un repas, pour ne pas oublier que bien manger n'est pas l'apanage de tous.
Inch'allah est un classique et, utilisé avec doigté, ce révèle un allié puissant pour rester polie et ne jamais rien promettre de trop engageant. On m'invite à prendre un café, à visiter un commerce de tapis, à passer pour discuter de choses et d'autres mais ça me tente pas ou je ne sais simplement pas ce que je ferai demain... "ouarra, membad inch'allah" (d'accord, plus tard...). On y prend vite goût! J'aime cette manière de remettre mes responsabilités dans les mains d'une force supérieure et abstraite!
A suivre. Et on se reparle de l'Egypte... Inch'allah!
dimanche 30 mai 2010
confort plus-que-spartiate inclut dans le forfait
Le contexte, parfois, fait tout la différence. Voilà maintenant plus d'un mois que je me trimballais dans ce beau pays qu'est le Maroc. Après avoir eu trop chaud dans une quarantaine d'heures de transport, dormi 30 nuits à l'hôtel et donc mangé environ 90 repas au restaurant, entendu 150 fois l'appel à la prière, refusé au moins 100 fois l'aide d'un faux guide, visité les médinas de Fes, Moulay Idriss, Marrakech, Agadir, Essaouira, El-Jadida, Rabat, Tétouan et Chefchaouen, passé trois nuits dans le désert et bu du thé à la menthe trop sucré au moins deux fois par jour... il vient un moment où n'importe quel voyageur en a un peu marre de jouer au touriste. C'est à moment-là que je décide d'aller là où le Lonely Planet ne dit mot et que je fais une petite marche d'à peine plus de six kiomètres en montagne, sous la pluie, de Chefchaouen vers Kalaâ. A mon arrivée à Kalaâ, le hasard aura voulu que la première personne que je crois me lance, avec son accent français : "bonjour ça va? Tu cherches l'auberge de Mohamed? Je loge là-bas, suis-moi je te montre c'est où". L'auberge en question est plus un gîte de fortune depuis que son propriétaire, par insousciance, a dépensé tout les revenus en un été puis, une fois la saison haute terminée, a dû vendre le mobilier pour payer ses comptes... L'auberge donc, ouvre sur une petite pièce commune avec, pour la détente des voyageurs, une table de salon rectangulaire et trois caisses de lait renversées sur lesquelles on met un coussin pour un confort accru. Le dortoir, quant à lui, est une grande pièce rectangulaire avec un tapis, une petite table et suffisament de couverture pour rester au chaud. La cuisine est tout aussi rudimentaire et il faut se laver à la mitaine, comme on dit, une fois que l'on a fait bouillir de l'eau chaude.
Tout cela est, encore une fois, une question de contexte d'abord et avant tout. En effet, aussitôt arrivé à l'auberge, le Français - Jérôme - m'invite à m'asseoir, prépare du thé à la menthe et m'explique : "c'est la quatrième fois que je viens ici. La première fois j'y ai passé six mois... J'en avais marre des touristes et du bruit des villes. Ici c'est tranquille et il n'y a rien à faire, j'en ai donc profité pour faire le vide." A cela il ajoute : "j'étais sur le point de faire un tagine de poisson, tu restes pour le dîner au moins?"
Jérôme et moi-même avons donc été les deux seuls touristes de Kalâa toute la semaine durant. Jérôme, qui a à peu prés mon âge, est bien connu et apprécié par les hommes du village. Aussi, ces derniers ne manquent jamais l'occasion de nous saluer, de faire des blagues et de s'asseoir pour nous faire la jasette, boire un café ou jouer aux cartes. De plus, deux fois par semaine il faut se rendre au marché (souk) de Chefchaouen et y faire des provisions en vue de nos repas à venir. (Vous ne pouvez pas vous imaginez le plaisir que j'ai eu à tout acheter dans ces étales de produits frais et exotiques.) Faire nos propres tagines le soir est donc rapidement devenu une occasion d'inviter certains villageois à venir partager ensemble un repas. A ce titre, par ailleurs, j'ai cuisiné un délicieux tagine de kefta, tomates et oeufs qui m'a valu d'être qualifié de vrai "djebli" par Ahmed et Mohamed, c'est-à-dire "d'habitant de la montagne". En bref, je me suis payé un authentique séjour au sein d'un village accueillant, chaleureux et aux habitants authentiques. L'absence de matelas dans l'auberge n'en était, en fin du compte, que le prix modique à payer.
Bientôt dans mon blogue, je vous parle de tout et de rien en faisant une liste des coutumes et traditions qui m'ont le plus marqué de mon séjour au Maroc. Ensuite... ensuite je pars pour l'Egypte!
vendredi 21 mai 2010
De la condition féminine marocaine
En effet, il est frappant de constater que les hommes se réservent ici une foule de privilèges qui, dans la plupart des familles, isolent les femmes de la vie sociale et politique . D'abord, la vaste majorité des emplois sont réservés aux hommes ou aux femmes non-mariées. La femme mariée reste plutôt à la maison et s'occupe des enfants. Et même si le divorce est permis au Maroc, la séparation équitable des biens ou les pensions alimentaires bien connues au Québec n'existent pas. Plus souvent qu'autrement, une femme divorcée est une femme à la rue. De plus, la vie publique est généralement réservée aux hommes, avec de notables et importantes nuances dans les grandes villes. Ainsi, la très grande majorité des nombreux cafés et des quelques bars sont strictement masculins ou permis aux non-musulmanes ( i.e. les touristes) qui, si elles réussisent à se sentir à l'aise, gagnent à être accompagnées d'un homme. Les femmes, de leur côté, vont avec les enfants dans les parcs, chez une voisine ou restent à la maison. A la campagne, les mariages sont systématiquement le résultat d'ententes entre deux chefs de famille, généralement dans le but de ne pas diluer la possesion des terres agricoles. Dans la petite ville de Chefchaouen existe une rue, par ailleurs souvent nomée à juste titre "promenade des femmes", ou les mères circulent avec leurs filles célibataires et bien mises dans le but de leur trouver un bon parti...
Voilà tout un ensemble d'observations qui froissent les idéaux du féministe en moi. Et j'aimerais tant pouvoir vous raconter que j'ai pris le thé avec une mère de famille marocaine qui m'a raconté comment elle voyait sa vie ici. Mais cela ne se fait pas. Point. Lors d'un mariage auquel j'ai assisté, malgré les trois cents villageois invités, pas une seule pièce ou endroit de célébration n'était mixte. Trois jours de fêtes dans la tradition avec le mouton hallal, les musiciens, les danseuses de baladis et les femmes d'un bord, les hommes de l'autre. Et croyez-moi, en tant que jeune homme occidental visitant un village, parler à une jeune femme équivaut presque à des intentions de mariage tellement cela semble être la seule raison valable de lui faire la conversation.
Cela étant dit, il vaut mieux ne pas trop s'en formaliser. Je constate seulement, puisqu'ici je ne suis pas chez moi. Et à moins d'y passer des années, je ne vois pas pourquoi je me mèlerais d'arriver ici en donnant des leçons de féminisme à l'occidental. D'abord parce beaucoup de femmes elles-mêmes ne perçoivent pas du tout les choses comme je vous les décris. Ensuite, je ne suis que très peu renseigné sur tout un ensemble de dynamiques sociales, économiques et culturelles qui façonnent la vie familliale d'ici. Juger celle-ci ne ferait sans doute que creuser un fossé entre moi et les Marocains que je rencontre. J'ajouterais, enfin, qu'il y a dans la jeunesse marocaine suffisamment de dynamisme et d'idées qui circulent pour que les Marocains et les Marocaines trouvent eux-même un nouveau contrat social égalitaire et surtout, authentique. Et cela viendra, j'en suis convaincu.
Bientôt, une foule de nouvelles nouvelles, un aperçu de mon séjour en montagne et pourquoi j'ai dormi cinq nuits dans une auberge sans lits.
vendredi 7 mai 2010
Hammam et cie...
A ce titre, je vous dirais que je n'hésite pas à me mouiller dans cet autre monde. J'ai dernièrement fait ma première expérience dans un hammam. Et comme je rebute généralement les endroits trop touristiques, je suis allé dans le plus petit des hammams qui soit : une pièce avec du monde, un bassin d'eau, du carrelage en céramique blanc et c'est tout. Je vous le dis tout net, ma nervosité face à cette expérience corporelle (hygiénique!) n'avait d'égal que la banalité fondamentale que peut être le fait de se laver... J'arrive au hammam, je paye l'entrée, je me mets en bobettes - personne ne se met complètement nue ici - on m'indique où remplir ma chaudière d'eau, du coup ça me semble évident et j'ai un peu honte, je m'allonge par terre comme le font les autres, et j'observe. Bon, la technique du singe, celle de faire comme tout le monde, s'impose ici. Sauf que les gens se lavent et il se pourrait aussi qu'ils n'aient pas envie de faire du coaching au touriste-marocain en devenir. J'essaie d'être subtil. Tout commence d'abord par pas faire grand chose sauf s'arroser un peu et s'étendre. Ensuite, certains se passent un gant de crin, chose qui me fait défaut. Tant pis. Après vient le moment de se rincer pas mal puis de se savonner. Tout le monde garde ses sous-vêtement ici et je suis plutôt impressionné par l'habileté de mes instructeurs involontaires qui, à moitié couché et avec un petit bol pour s'arroser avec l'eau du plus gros sceau, parviennent à garder fière allure. Je me sens maladroit, inconfortable et pas si propre que ça mais je n'ose pas sortir sans donner l'impression que j'ai suivi les étapes normales d'un bain en public. Enfin, je m'en sors tant bien que mal et retourne au vestiaire content d'en avoir fini... pour m'apercevoir que je n'ai ni serviette ni sous-vêtements de rechange! Alors qu'il serait mal-vu de me montrer nu, je prends mes vêtements secs, m'essuie le haut du corps avec mon chandail et pars enfiler mon pantalon dans les toilettes... turques évidemment.
Peut importe cette tentative ratée, les hammams ne sont pas qu'exotiques, ils sont aussi un moyen efficace et adapté à un environnement pauvre en eau potable. D'ailleurs, partout dans les remparts des villes marocaines se trouvent des points d'eau, sortes de cuves en céramiques de toutes les couleurs et les habitants peuvent se laver les mains et le visage ou simplement y boire. Les installations sanitaires marocaines datent parfois de plusieurs siècles et fonctionnent pourtant très bien dans un monde moderne qu'est le Maroc d'aujourd'hui.
Parlant de modernité, le transport est lui aussi à cheval avec la tradition et donc parfaitement exotique. Ou devrais-je plutôt parler d'âne, une bête qui est autant sinon plus utilisée que les véhicules motorisés. On en voit très peu dans les villes, c'est vrai. Mais dans les montagnes, il est roi puisque les routes non asphaltées ne permettent souvent rien d'autre. Il n'est pas rare, non plus, de voir quelqu'un sur un âne qui parlent en même sur son cellulaire... (ça ne semble pas interdit ici). Pour ce qui est des autobus, leur exotisme se traduit par leur extraordinaire propension à ne jamais respecter l'horaire en vigueur. Quoique dans une moindre mesure, cela vaut aussi pour les trains. D'ailleurs, dans un journal marocains, une annonce affichant les horaires de trains débutait, en gros caractère gras, avec la mention suivante: "quand les trains partent à l'heure".
Pour les transports intercités, vous pouvez toujours vous rabattre sur les grands taxis. Ce sont des berlines mercedes, je ne sais trop pourquoi seulement cette marque, dans lesquelles s'entassent jusqu'à 7 personnes à la fois. J'imagine très bien une nouvelle dans les médias du genre: "Un accident impliquant deux automobiles aurait fait au moins 14 blessés, nous ignorons toujours pour le moment..."
Qu'à tout cela ne tienne, l'exotisme marocain par excellence demeure gastronomique. Tenez, par exemple, je m'arrête presque chaque matin devant un stand dans la rue où, pour quelques dirhams, je bois un jus d'orange pressé sous mes yeux. Exotique et délicieux!
Bientôt, les médinas et les vieilles villes, et aussi, à la demande de certaines, la place de la femme au Maroc.
jeudi 29 avril 2010
Amazir - Hommes libres
Les irréductibles Berbères, qui ont d'ailleurs repris à leur compte ce titre péjoratif de "barbares" attribués par les Romains, ont sans doute résisté à l'assimilation entre autres grâce à une tradition et une culture fortes mais aussi une organisation sociale homogène. En effet, chaque Bèrbère appartient à une tribu clairement identifiée par un nom et un territoire. Ensuite, chacune des tribus est divisée en factions, délimitées géographiquement, qui elles-mêmes comportent plusieurs famille. Le nombre des ces sous-ensembles varient bien sûr selon la taille de la tribu et, davantage chez les populations rurales que citadines, ce type d'organisation demeure très répandu. Prenons par exemple la famille berbère chez qui nous avons bu le thé. A l'été, quand la chaleur devient insupportable, ils se déplacent vers les hautes montagnes à la recherche d'une maison-grotte d'été... Si, à la finde la saison, ils veulent retrouver leur maison-grotte d'hiver et qu'il se trouve occupé par un autre membre de la faction, et bien qu'à cela ne tienne, ils trouveront un autre endroit pour élire domicile. Car les individus et familles sont d'abord au service de leur faction à laquelle s'applique la notion de propriété foncière. Au contraire, le fait qu'une famille d'une autre faction ou d'une autre tribu soit installée sur le mauvais territoire est assurément source de conflits.
Et lorsque la fille de la même famille célébrera son maraige avec un autre membre de la tribu, plusieurs familles invitées seront conviés à un banquet de 3 à 4 jours ou tout le monde contribue par des mets faits à la maison. Cette fête devient alors l'occasion, et la seule, de faire se rencontrer les jeunes hommes et les jeunes femme qui, chaque de leur côté de la salle, se côtoient du regard (se parlent un peu ou dancent aussi des fois, ça dépend des coutumes) avant négocier les conditions de mariage auprès des parents. Les timides ne sont pas en reste pour autant car leur mère est chargée de faire les approches à leur place en cas d'impasse...
Eh oui, nous sommes certes bien loin des sites de rencontres, de cupidon, de la cruise dans un bar ou encore des multiples mariages et de l'atomisation des familles. Sauf que cette organistion a fait de plusieurs de ces tribus de redoutables combattants qui se sont bien souvent lancés, avec succès, à la conquête du magrheb et même de l'Andalousie.
Dans un autre ordre d'idée, l'organisation sociale des Berbères et leur culture leur confère une richesse artistique et musicale bien vivante : il existe autant de style de musique traditionnelle que de tribus, c'est-à-dire vraiment pas mal. Aussi, c'est dans un contexte de fin de soirée après une journée dans le désert que nos hôtes nous ont fait le plaisir de sortir les percussions et de nous interpréter a capella des classiques folkloriques du coin. Soudain, et je ne sais pas trop si c'est parce que j'étais le seul jeune homme de moins de trente sur la terrasse ou parce que l'on m'a confondu avec une vedette locale, un des musiciens s'est précipité vers moi, m'a tendu son djembé pour que je joue à mon tour un classique folkorique de che-nous! Iiiich... Se faisant insistant et ne voyant aucun moyen de me défiler de cette indésirable mais ô combien sympathique commande musicale, je me suis levé pour aller m'assoir au milieu des musiciens. Après avoir tenté de leur faire reproduire le rythme que fait des cuillères en bois et un tapeux de pieds, j'ai aussi entrepris d'expliquer le concept de la chanson à répondre. Puis, sentant mes musiciens un peu confus mais pleins de bonnes volontés, j'ai sorti ma voie de velours : par un beau dimanche au soir, en allant me promeneeeeer. J'ai rencontré la beeeelle et lui ai demandéééé... dondaine d'laridaine matapatalimatou mantataloumalimatou mantatalou d'la ridééééé. Eh oui! L'intégrale. Un moment cocasse, et un beau peid de nez au "choc des civilisations", qui s'est terminé par des rires, des blagues et du bon vin marocain... offert par un "barbare" à une "grenouille".
Bientôt : l'influence protuguaise et ma première visite dans un hammam. A suivre...
lundi 26 avril 2010
Dictionnaire berbère
Whiskey berbère : Du thé à la menthe. Officiellement, personne ne boit d'alcool puisque tous sont musulmans ("par la force de l'épée" souligneront d'ailleurs plusieurs d'entre eux).
La climatisation berbère : Il s'agit de la gandora, cette longue tunique généralement de couleur pâle, fait de deux trous d'aération à la taille et toujours brodée. L'idée de climatisation naturelle est autant un argument de vente, une occasion de détendre l'atmosphère qu'un reflet de leur fierté devant les étrangers de posséder des coutumes et traditions parfaitement adaptées à un climat difficile. Surtout pour un gars du Nord, voir quelqu'un vêtu de trois couches d'épaisseur (ils portent toujours au moins une chemise et un pantalon sous la gandora) à plus 30 degrés celsius suscite un minimum de consternation...
Le massage berbère : Plus d'une dizaine de minutes dans un petit chemin, même dans un 4x4 luxueux, campé entre l'Atlas et un troupeau de chèvre permet d'emblée l'AOBC (appellation d'origine berbère controllée). Nota bene : cela devrait également s'appliquer à toutes excursions de plus d'une minute à dos de dromadaire.
La luge berbère : Cela consiste à tirer une tierce personne par les pieds, du sommet jusqu'au pied d'une dune dans le désert. Un genre de crazy carpet sans carpet et sans neige non plus d'ailleurs. Commentaires d'une québécoise téméraire qui nous accompagnait ce jour-là : "Mettons que le sable est pas mal fin ici (ce qui est on ne peut plus vrai). Avoir su que j'n'aurais jusque dans mes (... mot inaudible, on devine cependant), j'aurais peut-être dis au guide de laisser tomber". Nota bene : mérite aussi l'AOBC mais ne risque pas de devenir une nouvelle discipline aux JO de Londres en 2012.
Enfin, je vous laisse cette fois-ci sur une devinette berbère. Près ?
" Qu'est-ce qui passe obligatoirement entre les deux seins avant de rentrer dans un trou?"
Une idée? Moi, je me demendais à quel genre de réponse ils s'attendaient quand on me l'a contée celle-là.
.....
Une ceinture de sécurité dans une automobile! hihihi...
samedi 24 avril 2010
Pas de chameau au Maroc...
Et puis je pourrais vous en raconter pas mal plus sur le sujet et peut-être que si une majorité des 7 membres actifs de mon blogue insistent, je vous expliquerai tout cela avec moultes détails. Je le peux surtout parce que, notre guide durant nos quatre jours vers le désert du Sahara, Idir, un berbère érudit et polyglote, a fait de moi quelqu'un qui, trois nuits durant, s'est couché pas mal moins niaiseux. Sauf que je vous ai également promis de vous expliquer pourquoi le Maroc ne manque pas de charme et, justement, passer quelques jours avec un guide qui vient du coin m'aura donné toutes les armes nécessaires pour faire de mes lecteurs des jaloux et envieux d'être à ma place.
A notre première journée en 4x4 nous avons pris une pause-thé à la menthe dans une famille berbère - nomade celle-ci - avec Idir pour nous servir de traducteur. Visiblement surpris de notre visite, le père de famille nous convia dans la grotte familiale pour nous préparer le thé avec toutes les procédures d'usage... Décors pittoresques mais authentiques tout à la fois avec en plus la possibilité de poser toutes les questions à cet homme qui n'a jamais vécu autrement qu'au pied ou au sommet de sa montagne. Fantastique! Et comme pour ajouter à l'intensité du moment, c'est sur le point de quitter que, timidement, le plus jeune demande à notre guide si nous n'aurions pas quelques pillules pour le maux de tête de sa grand-mère. Visiblement souffrante, je me suis retrouvé à expliquer, toujours grâce aux traductions d'Idir notre guide, la posologie à suivre pour un régime intensif d'Advil de trois à cinq jours. Très ému, je l'étais certainement et le suis encore en repensant à cette octogénaire qui, à défaut d'avoir réussi à régler le mal qui l'afflige, n'aura jamais les moyens de se payer une visite chez le médecin...
Prochainement sur mon blogue: quelques nouvelles définitions du marocains de la rue et surtout je vous raconte pourquoi il semblerait que les berbères aiment bien le folklore de chez nous... à suivre!