mercredi 16 juin 2010

Le nez bouché, les yeux ouverts

Mon départ du Maroc pour l’Égypte a mal commencé par un avion manqué. Imaginez-vous donc que le changement pour l’heure avancée du Maroc a devancé mon billet d’avion de 23h05 à 00h05 de la même journée... Drôle de logique qui fait qu’au moment d’enregistrer mes bagages, j’avais déjà manqué mon vol depuis quelque chose comme 19 ou 20 heures! La pénalité de 1600 DH à payer et le vent de panique passé, j’ai tout de même réussi à prendre l’avion pour rejoindre le Caire et mon ami Patrick – nous sommes désormais un duo pour les prochaines six semaines. Je vous en donne des nouvelles si jamais il y a moyen de se faire rembourser les frais advenant l’absence de logique des compagnies aériennes – pourquoi donc ne pas prévoir le changement d’heure au moment de l'achat du billet? – mais pour le moment je me la joue zen et je mets ça au compte des expériences “qui nous font grandir”. N’empêche, la providence n’est pas de mon côté quand il s’agit de trajets longues distances. Du Guatemala à Montréal, mon vol avec escales avait duré 23 heures au lieu de 12 en raison des vent violents. Une année auparavant, mon trajet d’autobus de Montréal à New York, par les efforts combinés d’une tempête et d’ennuis mécaniques, avait mis douze heures supplémentaires pour nous conduire à bon port. Adieu le long weekend de trois jours...

Bref, si quitter le Maroc ne s’est pas fait sans douleur, arriver au Caire nous aura donné un léger haut-le-coeur. Ville surchauffée de plus de 20 millions d’habitants, le romantisme appréhendé par l’égyptologue qui sommeille en nous est rapidement étouffé par une pollution suffocante, envahissante. Le bleu du ciel a depuis longtemps cédé la place à des teintes de gris-sales qui réussissent même à faire disparaître le soleil par moment. À cela s’ajoute la circulation dense, chaotique et excessivement bruyante : les feux de circulation sont absents (imaginez!) et le klaxon est LE moyen de se frayer une place dans cette jungle urbaine. Pour finir, pour emballer le tout, l’absence de gestion apparente des déchets n’a d’égal que l’insouciance, l’ignorance aussi sans doute, avec laquelle les citoyens se débarrasent de leurs déchets directement dans la rue. Non, je n’exagère pas et même quand on prend la peine de demander à jeter un papier à la poubelle, on se fait indiquer la rue derrière soi. Disons qu’après avoir passé un mois à respirer le grand air des montagnes du Rif, mon nez s’en est pratiquement trouvé victime d’un traumatisme olfactif.

C’est donc pourquoi nous n’avons donc pas pris plus que les quelques jours nécessaires dans cette grande ville qu’est le Caire pour faire connaissance avec elle et dire bonjour aux fameuses pyramides de Cheops et compagnie. Oui, j’ai vu des pyramides et le Sphinx. Il fallait toutefois s’y attendre, ce site historique se comporte comme une grande vedette hollywoodienne, avec tout le tapage commercial et médiatique – représentations miniatures à vendre, tours de chameau ou de cheval, crayons souvenirs, spectacle de sons et lumières le soir, etc. – et ces millions de papparazis qui débarquent, tous les dix minutes, d’un de ces ignominieux bus voyageurs tout-inclus.

Un mot pour qualifier le Caire et les environs? Ouf! Je suis venu, j’ai vu, et j’ai survécu... à la capitale Égyptienne en sachant bien maintenant que les dimensions d’une grande ville sont à jamais repoussées dans mon esprit. Montréal est une petite grande-ville. New York, est une mégalopole bien vivante et le Caire se trouve dans une catégorie à part. À un point tel qu’elle est fascinante malgré tout.


À la semaine prochaine donc, d’où je reviendrai d’un oasis plein de palmiers et de sources d’eau naturelles. De quoi prendre un bon bol d’air frais.

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