Qu'est-ce qui fait qu'un gars qui n'aime pas le camping parce que "le matin, il fait trop chaud dans la tente et puis c'est chiant quand il pleut", accepte de passer cinq nuits à dormir sur un mince tapis? Son ascétisme inné? La recherche spirituelle de l'inconfort? Une gageure qui a mal tournée? Son goût soudain pour le froid intraitable des planchers de béton? Rien de tout cela, vraiment. Ne vous en faites pas trop, le goût du confort lentement acquis au fil de mes vingt-cing dernières années n'a pas été balayé du jour au lendemain par un tour de magie marocain. La beauté insaisissable des montagnes du Rif et la tranquilité nonchalante des habitants du village de Kalaâ, en revanche, donnent de sérieux motifs pour accepter les accrocs au confort qu'offre habituellement une auberge digne de ce nom.
Le contexte, parfois, fait tout la différence. Voilà maintenant plus d'un mois que je me trimballais dans ce beau pays qu'est le Maroc. Après avoir eu trop chaud dans une quarantaine d'heures de transport, dormi 30 nuits à l'hôtel et donc mangé environ 90 repas au restaurant, entendu 150 fois l'appel à la prière, refusé au moins 100 fois l'aide d'un faux guide, visité les médinas de Fes, Moulay Idriss, Marrakech, Agadir, Essaouira, El-Jadida, Rabat, Tétouan et Chefchaouen, passé trois nuits dans le désert et bu du thé à la menthe trop sucré au moins deux fois par jour... il vient un moment où n'importe quel voyageur en a un peu marre de jouer au touriste. C'est à moment-là que je décide d'aller là où le Lonely Planet ne dit mot et que je fais une petite marche d'à peine plus de six kiomètres en montagne, sous la pluie, de Chefchaouen vers Kalaâ. A mon arrivée à Kalaâ, le hasard aura voulu que la première personne que je crois me lance, avec son accent français : "bonjour ça va? Tu cherches l'auberge de Mohamed? Je loge là-bas, suis-moi je te montre c'est où". L'auberge en question est plus un gîte de fortune depuis que son propriétaire, par insousciance, a dépensé tout les revenus en un été puis, une fois la saison haute terminée, a dû vendre le mobilier pour payer ses comptes... L'auberge donc, ouvre sur une petite pièce commune avec, pour la détente des voyageurs, une table de salon rectangulaire et trois caisses de lait renversées sur lesquelles on met un coussin pour un confort accru. Le dortoir, quant à lui, est une grande pièce rectangulaire avec un tapis, une petite table et suffisament de couverture pour rester au chaud. La cuisine est tout aussi rudimentaire et il faut se laver à la mitaine, comme on dit, une fois que l'on a fait bouillir de l'eau chaude.
Tout cela est, encore une fois, une question de contexte d'abord et avant tout. En effet, aussitôt arrivé à l'auberge, le Français - Jérôme - m'invite à m'asseoir, prépare du thé à la menthe et m'explique : "c'est la quatrième fois que je viens ici. La première fois j'y ai passé six mois... J'en avais marre des touristes et du bruit des villes. Ici c'est tranquille et il n'y a rien à faire, j'en ai donc profité pour faire le vide." A cela il ajoute : "j'étais sur le point de faire un tagine de poisson, tu restes pour le dîner au moins?"
Jérôme et moi-même avons donc été les deux seuls touristes de Kalâa toute la semaine durant. Jérôme, qui a à peu prés mon âge, est bien connu et apprécié par les hommes du village. Aussi, ces derniers ne manquent jamais l'occasion de nous saluer, de faire des blagues et de s'asseoir pour nous faire la jasette, boire un café ou jouer aux cartes. De plus, deux fois par semaine il faut se rendre au marché (souk) de Chefchaouen et y faire des provisions en vue de nos repas à venir. (Vous ne pouvez pas vous imaginez le plaisir que j'ai eu à tout acheter dans ces étales de produits frais et exotiques.) Faire nos propres tagines le soir est donc rapidement devenu une occasion d'inviter certains villageois à venir partager ensemble un repas. A ce titre, par ailleurs, j'ai cuisiné un délicieux tagine de kefta, tomates et oeufs qui m'a valu d'être qualifié de vrai "djebli" par Ahmed et Mohamed, c'est-à-dire "d'habitant de la montagne". En bref, je me suis payé un authentique séjour au sein d'un village accueillant, chaleureux et aux habitants authentiques. L'absence de matelas dans l'auberge n'en était, en fin du compte, que le prix modique à payer.
Bientôt dans mon blogue, je vous parle de tout et de rien en faisant une liste des coutumes et traditions qui m'ont le plus marqué de mon séjour au Maroc. Ensuite... ensuite je pars pour l'Egypte!
dimanche 30 mai 2010
vendredi 21 mai 2010
De la condition féminine marocaine
Ce n'est pas un grand secret même si vous l'ignorez peut-être; je suis féministe. Je crois même l'être depuis pas mal longtemps, depuis un jour ou l'autre au Cégep alors que l'on se demande quelles sont nos convictions profondes. Je suis donc convaincu que les discriminations de toutes sortes, le féminisme n'ayant aucune raison de se cantonner dans la poursuite de l'égalité homme-femme, nuisent à un monde meilleur. A ce titre, mes yeux de voyageur dans un monde musulman ne peuvent que se désoler de ce qui m'apparaît comme une profonde sous-valorisation de la Femme en regard de l'Homme.
En effet, il est frappant de constater que les hommes se réservent ici une foule de privilèges qui, dans la plupart des familles, isolent les femmes de la vie sociale et politique . D'abord, la vaste majorité des emplois sont réservés aux hommes ou aux femmes non-mariées. La femme mariée reste plutôt à la maison et s'occupe des enfants. Et même si le divorce est permis au Maroc, la séparation équitable des biens ou les pensions alimentaires bien connues au Québec n'existent pas. Plus souvent qu'autrement, une femme divorcée est une femme à la rue. De plus, la vie publique est généralement réservée aux hommes, avec de notables et importantes nuances dans les grandes villes. Ainsi, la très grande majorité des nombreux cafés et des quelques bars sont strictement masculins ou permis aux non-musulmanes ( i.e. les touristes) qui, si elles réussisent à se sentir à l'aise, gagnent à être accompagnées d'un homme. Les femmes, de leur côté, vont avec les enfants dans les parcs, chez une voisine ou restent à la maison. A la campagne, les mariages sont systématiquement le résultat d'ententes entre deux chefs de famille, généralement dans le but de ne pas diluer la possesion des terres agricoles. Dans la petite ville de Chefchaouen existe une rue, par ailleurs souvent nomée à juste titre "promenade des femmes", ou les mères circulent avec leurs filles célibataires et bien mises dans le but de leur trouver un bon parti...
Voilà tout un ensemble d'observations qui froissent les idéaux du féministe en moi. Et j'aimerais tant pouvoir vous raconter que j'ai pris le thé avec une mère de famille marocaine qui m'a raconté comment elle voyait sa vie ici. Mais cela ne se fait pas. Point. Lors d'un mariage auquel j'ai assisté, malgré les trois cents villageois invités, pas une seule pièce ou endroit de célébration n'était mixte. Trois jours de fêtes dans la tradition avec le mouton hallal, les musiciens, les danseuses de baladis et les femmes d'un bord, les hommes de l'autre. Et croyez-moi, en tant que jeune homme occidental visitant un village, parler à une jeune femme équivaut presque à des intentions de mariage tellement cela semble être la seule raison valable de lui faire la conversation.
Cela étant dit, il vaut mieux ne pas trop s'en formaliser. Je constate seulement, puisqu'ici je ne suis pas chez moi. Et à moins d'y passer des années, je ne vois pas pourquoi je me mèlerais d'arriver ici en donnant des leçons de féminisme à l'occidental. D'abord parce beaucoup de femmes elles-mêmes ne perçoivent pas du tout les choses comme je vous les décris. Ensuite, je ne suis que très peu renseigné sur tout un ensemble de dynamiques sociales, économiques et culturelles qui façonnent la vie familliale d'ici. Juger celle-ci ne ferait sans doute que creuser un fossé entre moi et les Marocains que je rencontre. J'ajouterais, enfin, qu'il y a dans la jeunesse marocaine suffisamment de dynamisme et d'idées qui circulent pour que les Marocains et les Marocaines trouvent eux-même un nouveau contrat social égalitaire et surtout, authentique. Et cela viendra, j'en suis convaincu.
Bientôt, une foule de nouvelles nouvelles, un aperçu de mon séjour en montagne et pourquoi j'ai dormi cinq nuits dans une auberge sans lits.
En effet, il est frappant de constater que les hommes se réservent ici une foule de privilèges qui, dans la plupart des familles, isolent les femmes de la vie sociale et politique . D'abord, la vaste majorité des emplois sont réservés aux hommes ou aux femmes non-mariées. La femme mariée reste plutôt à la maison et s'occupe des enfants. Et même si le divorce est permis au Maroc, la séparation équitable des biens ou les pensions alimentaires bien connues au Québec n'existent pas. Plus souvent qu'autrement, une femme divorcée est une femme à la rue. De plus, la vie publique est généralement réservée aux hommes, avec de notables et importantes nuances dans les grandes villes. Ainsi, la très grande majorité des nombreux cafés et des quelques bars sont strictement masculins ou permis aux non-musulmanes ( i.e. les touristes) qui, si elles réussisent à se sentir à l'aise, gagnent à être accompagnées d'un homme. Les femmes, de leur côté, vont avec les enfants dans les parcs, chez une voisine ou restent à la maison. A la campagne, les mariages sont systématiquement le résultat d'ententes entre deux chefs de famille, généralement dans le but de ne pas diluer la possesion des terres agricoles. Dans la petite ville de Chefchaouen existe une rue, par ailleurs souvent nomée à juste titre "promenade des femmes", ou les mères circulent avec leurs filles célibataires et bien mises dans le but de leur trouver un bon parti...
Voilà tout un ensemble d'observations qui froissent les idéaux du féministe en moi. Et j'aimerais tant pouvoir vous raconter que j'ai pris le thé avec une mère de famille marocaine qui m'a raconté comment elle voyait sa vie ici. Mais cela ne se fait pas. Point. Lors d'un mariage auquel j'ai assisté, malgré les trois cents villageois invités, pas une seule pièce ou endroit de célébration n'était mixte. Trois jours de fêtes dans la tradition avec le mouton hallal, les musiciens, les danseuses de baladis et les femmes d'un bord, les hommes de l'autre. Et croyez-moi, en tant que jeune homme occidental visitant un village, parler à une jeune femme équivaut presque à des intentions de mariage tellement cela semble être la seule raison valable de lui faire la conversation.
Cela étant dit, il vaut mieux ne pas trop s'en formaliser. Je constate seulement, puisqu'ici je ne suis pas chez moi. Et à moins d'y passer des années, je ne vois pas pourquoi je me mèlerais d'arriver ici en donnant des leçons de féminisme à l'occidental. D'abord parce beaucoup de femmes elles-mêmes ne perçoivent pas du tout les choses comme je vous les décris. Ensuite, je ne suis que très peu renseigné sur tout un ensemble de dynamiques sociales, économiques et culturelles qui façonnent la vie familliale d'ici. Juger celle-ci ne ferait sans doute que creuser un fossé entre moi et les Marocains que je rencontre. J'ajouterais, enfin, qu'il y a dans la jeunesse marocaine suffisamment de dynamisme et d'idées qui circulent pour que les Marocains et les Marocaines trouvent eux-même un nouveau contrat social égalitaire et surtout, authentique. Et cela viendra, j'en suis convaincu.
Bientôt, une foule de nouvelles nouvelles, un aperçu de mon séjour en montagne et pourquoi j'ai dormi cinq nuits dans une auberge sans lits.
vendredi 7 mai 2010
Hammam et cie...
C'est parfois dans les détails que se situe l'exotisme. Bien entendu, l'exotisme est fonction en partie de l'ignorance mais surtout du manque d'accoutumance du protagoniste, lui-même soumis à un environnement qu'il perçoit comme "étranger". De là la notion de "voyage à l'étranger", de "dé-pays-ement" ou "d'aventure". L'aventure étant un autre, un alter-inconnu. Bref, je ne suis pas ici comme je suis à Montréal et je me sens donc obligé, dans ma tête et dans ce blogue, de vous faire des oh!, des ah!, des han? et des ouf... qui me suivent depuis presqu'un mois déjà.
A ce titre, je vous dirais que je n'hésite pas à me mouiller dans cet autre monde. J'ai dernièrement fait ma première expérience dans un hammam. Et comme je rebute généralement les endroits trop touristiques, je suis allé dans le plus petit des hammams qui soit : une pièce avec du monde, un bassin d'eau, du carrelage en céramique blanc et c'est tout. Je vous le dis tout net, ma nervosité face à cette expérience corporelle (hygiénique!) n'avait d'égal que la banalité fondamentale que peut être le fait de se laver... J'arrive au hammam, je paye l'entrée, je me mets en bobettes - personne ne se met complètement nue ici - on m'indique où remplir ma chaudière d'eau, du coup ça me semble évident et j'ai un peu honte, je m'allonge par terre comme le font les autres, et j'observe. Bon, la technique du singe, celle de faire comme tout le monde, s'impose ici. Sauf que les gens se lavent et il se pourrait aussi qu'ils n'aient pas envie de faire du coaching au touriste-marocain en devenir. J'essaie d'être subtil. Tout commence d'abord par pas faire grand chose sauf s'arroser un peu et s'étendre. Ensuite, certains se passent un gant de crin, chose qui me fait défaut. Tant pis. Après vient le moment de se rincer pas mal puis de se savonner. Tout le monde garde ses sous-vêtement ici et je suis plutôt impressionné par l'habileté de mes instructeurs involontaires qui, à moitié couché et avec un petit bol pour s'arroser avec l'eau du plus gros sceau, parviennent à garder fière allure. Je me sens maladroit, inconfortable et pas si propre que ça mais je n'ose pas sortir sans donner l'impression que j'ai suivi les étapes normales d'un bain en public. Enfin, je m'en sors tant bien que mal et retourne au vestiaire content d'en avoir fini... pour m'apercevoir que je n'ai ni serviette ni sous-vêtements de rechange! Alors qu'il serait mal-vu de me montrer nu, je prends mes vêtements secs, m'essuie le haut du corps avec mon chandail et pars enfiler mon pantalon dans les toilettes... turques évidemment.
Peut importe cette tentative ratée, les hammams ne sont pas qu'exotiques, ils sont aussi un moyen efficace et adapté à un environnement pauvre en eau potable. D'ailleurs, partout dans les remparts des villes marocaines se trouvent des points d'eau, sortes de cuves en céramiques de toutes les couleurs et les habitants peuvent se laver les mains et le visage ou simplement y boire. Les installations sanitaires marocaines datent parfois de plusieurs siècles et fonctionnent pourtant très bien dans un monde moderne qu'est le Maroc d'aujourd'hui.
Parlant de modernité, le transport est lui aussi à cheval avec la tradition et donc parfaitement exotique. Ou devrais-je plutôt parler d'âne, une bête qui est autant sinon plus utilisée que les véhicules motorisés. On en voit très peu dans les villes, c'est vrai. Mais dans les montagnes, il est roi puisque les routes non asphaltées ne permettent souvent rien d'autre. Il n'est pas rare, non plus, de voir quelqu'un sur un âne qui parlent en même sur son cellulaire... (ça ne semble pas interdit ici). Pour ce qui est des autobus, leur exotisme se traduit par leur extraordinaire propension à ne jamais respecter l'horaire en vigueur. Quoique dans une moindre mesure, cela vaut aussi pour les trains. D'ailleurs, dans un journal marocains, une annonce affichant les horaires de trains débutait, en gros caractère gras, avec la mention suivante: "quand les trains partent à l'heure".
Pour les transports intercités, vous pouvez toujours vous rabattre sur les grands taxis. Ce sont des berlines mercedes, je ne sais trop pourquoi seulement cette marque, dans lesquelles s'entassent jusqu'à 7 personnes à la fois. J'imagine très bien une nouvelle dans les médias du genre: "Un accident impliquant deux automobiles aurait fait au moins 14 blessés, nous ignorons toujours pour le moment..."
Qu'à tout cela ne tienne, l'exotisme marocain par excellence demeure gastronomique. Tenez, par exemple, je m'arrête presque chaque matin devant un stand dans la rue où, pour quelques dirhams, je bois un jus d'orange pressé sous mes yeux. Exotique et délicieux!
Bientôt, les médinas et les vieilles villes, et aussi, à la demande de certaines, la place de la femme au Maroc.
A ce titre, je vous dirais que je n'hésite pas à me mouiller dans cet autre monde. J'ai dernièrement fait ma première expérience dans un hammam. Et comme je rebute généralement les endroits trop touristiques, je suis allé dans le plus petit des hammams qui soit : une pièce avec du monde, un bassin d'eau, du carrelage en céramique blanc et c'est tout. Je vous le dis tout net, ma nervosité face à cette expérience corporelle (hygiénique!) n'avait d'égal que la banalité fondamentale que peut être le fait de se laver... J'arrive au hammam, je paye l'entrée, je me mets en bobettes - personne ne se met complètement nue ici - on m'indique où remplir ma chaudière d'eau, du coup ça me semble évident et j'ai un peu honte, je m'allonge par terre comme le font les autres, et j'observe. Bon, la technique du singe, celle de faire comme tout le monde, s'impose ici. Sauf que les gens se lavent et il se pourrait aussi qu'ils n'aient pas envie de faire du coaching au touriste-marocain en devenir. J'essaie d'être subtil. Tout commence d'abord par pas faire grand chose sauf s'arroser un peu et s'étendre. Ensuite, certains se passent un gant de crin, chose qui me fait défaut. Tant pis. Après vient le moment de se rincer pas mal puis de se savonner. Tout le monde garde ses sous-vêtement ici et je suis plutôt impressionné par l'habileté de mes instructeurs involontaires qui, à moitié couché et avec un petit bol pour s'arroser avec l'eau du plus gros sceau, parviennent à garder fière allure. Je me sens maladroit, inconfortable et pas si propre que ça mais je n'ose pas sortir sans donner l'impression que j'ai suivi les étapes normales d'un bain en public. Enfin, je m'en sors tant bien que mal et retourne au vestiaire content d'en avoir fini... pour m'apercevoir que je n'ai ni serviette ni sous-vêtements de rechange! Alors qu'il serait mal-vu de me montrer nu, je prends mes vêtements secs, m'essuie le haut du corps avec mon chandail et pars enfiler mon pantalon dans les toilettes... turques évidemment.
Peut importe cette tentative ratée, les hammams ne sont pas qu'exotiques, ils sont aussi un moyen efficace et adapté à un environnement pauvre en eau potable. D'ailleurs, partout dans les remparts des villes marocaines se trouvent des points d'eau, sortes de cuves en céramiques de toutes les couleurs et les habitants peuvent se laver les mains et le visage ou simplement y boire. Les installations sanitaires marocaines datent parfois de plusieurs siècles et fonctionnent pourtant très bien dans un monde moderne qu'est le Maroc d'aujourd'hui.
Parlant de modernité, le transport est lui aussi à cheval avec la tradition et donc parfaitement exotique. Ou devrais-je plutôt parler d'âne, une bête qui est autant sinon plus utilisée que les véhicules motorisés. On en voit très peu dans les villes, c'est vrai. Mais dans les montagnes, il est roi puisque les routes non asphaltées ne permettent souvent rien d'autre. Il n'est pas rare, non plus, de voir quelqu'un sur un âne qui parlent en même sur son cellulaire... (ça ne semble pas interdit ici). Pour ce qui est des autobus, leur exotisme se traduit par leur extraordinaire propension à ne jamais respecter l'horaire en vigueur. Quoique dans une moindre mesure, cela vaut aussi pour les trains. D'ailleurs, dans un journal marocains, une annonce affichant les horaires de trains débutait, en gros caractère gras, avec la mention suivante: "quand les trains partent à l'heure".
Pour les transports intercités, vous pouvez toujours vous rabattre sur les grands taxis. Ce sont des berlines mercedes, je ne sais trop pourquoi seulement cette marque, dans lesquelles s'entassent jusqu'à 7 personnes à la fois. J'imagine très bien une nouvelle dans les médias du genre: "Un accident impliquant deux automobiles aurait fait au moins 14 blessés, nous ignorons toujours pour le moment..."
Qu'à tout cela ne tienne, l'exotisme marocain par excellence demeure gastronomique. Tenez, par exemple, je m'arrête presque chaque matin devant un stand dans la rue où, pour quelques dirhams, je bois un jus d'orange pressé sous mes yeux. Exotique et délicieux!
Bientôt, les médinas et les vieilles villes, et aussi, à la demande de certaines, la place de la femme au Maroc.
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