vendredi 7 mai 2010

Hammam et cie...

C'est parfois dans les détails que se situe l'exotisme. Bien entendu, l'exotisme est fonction en partie de l'ignorance mais surtout du manque d'accoutumance du protagoniste, lui-même soumis à un environnement qu'il perçoit comme "étranger". De là la notion de "voyage à l'étranger", de "dé-pays-ement" ou "d'aventure". L'aventure étant un autre, un alter-inconnu. Bref, je ne suis pas ici comme je suis à Montréal et je me sens donc obligé, dans ma tête et dans ce blogue, de vous faire des oh!, des ah!, des han? et des ouf... qui me suivent depuis presqu'un mois déjà.

A ce titre, je vous dirais que je n'hésite pas à me mouiller dans cet autre monde. J'ai dernièrement fait ma première expérience dans un hammam. Et comme je rebute généralement les endroits trop touristiques, je suis allé dans le plus petit des hammams qui soit : une pièce avec du monde, un bassin d'eau, du carrelage en céramique blanc et c'est tout. Je vous le dis tout net, ma nervosité face à cette expérience corporelle (hygiénique!) n'avait d'égal que la banalité fondamentale que peut être le fait de se laver... J'arrive au hammam, je paye l'entrée, je me mets en bobettes - personne ne se met complètement nue ici - on m'indique où remplir ma chaudière d'eau, du coup ça me semble évident et j'ai un peu honte, je m'allonge par terre comme le font les autres, et j'observe. Bon, la technique du singe, celle de faire comme tout le monde, s'impose ici. Sauf que les gens se lavent et il se pourrait aussi qu'ils n'aient pas envie de faire du coaching au touriste-marocain en devenir. J'essaie d'être subtil. Tout commence d'abord par pas faire grand chose sauf s'arroser un peu et s'étendre. Ensuite, certains se passent un gant de crin, chose qui me fait défaut. Tant pis. Après vient le moment de se rincer pas mal puis de se savonner. Tout le monde garde ses sous-vêtement ici et je suis plutôt impressionné par l'habileté de mes instructeurs involontaires qui, à moitié couché et avec un petit bol pour s'arroser avec l'eau du plus gros sceau, parviennent à garder fière allure. Je me sens maladroit, inconfortable et pas si propre que ça mais je n'ose pas sortir sans donner l'impression que j'ai suivi les étapes normales d'un bain en public. Enfin, je m'en sors tant bien que mal et retourne au vestiaire content d'en avoir fini... pour m'apercevoir que je n'ai ni serviette ni sous-vêtements de rechange! Alors qu'il serait mal-vu de me montrer nu, je prends mes vêtements secs, m'essuie le haut du corps avec mon chandail et pars enfiler mon pantalon dans les toilettes... turques évidemment.

Peut importe cette tentative ratée, les hammams ne sont pas qu'exotiques, ils sont aussi un moyen efficace et adapté à un environnement pauvre en eau potable. D'ailleurs, partout dans les remparts des villes marocaines se trouvent des points d'eau, sortes de cuves en céramiques de toutes les couleurs et les habitants peuvent se laver les mains et le visage ou simplement y boire. Les installations sanitaires marocaines datent parfois de plusieurs siècles et fonctionnent pourtant très bien dans un monde moderne qu'est le Maroc d'aujourd'hui.

Parlant de modernité, le transport est lui aussi à cheval avec la tradition et donc parfaitement exotique. Ou devrais-je plutôt parler d'âne, une bête qui est autant sinon plus utilisée que les véhicules motorisés. On en voit très peu dans les villes, c'est vrai. Mais dans les montagnes, il est roi puisque les routes non asphaltées ne permettent souvent rien d'autre. Il n'est pas rare, non plus, de voir quelqu'un sur un âne qui parlent en même sur son cellulaire... (ça ne semble pas interdit ici). Pour ce qui est des autobus, leur exotisme se traduit par leur extraordinaire propension à ne jamais respecter l'horaire en vigueur. Quoique dans une moindre mesure, cela vaut aussi pour les trains. D'ailleurs, dans un journal marocains, une annonce affichant les horaires de trains débutait, en gros caractère gras, avec la mention suivante: "quand les trains partent à l'heure".

Pour les transports intercités, vous pouvez toujours vous rabattre sur les grands taxis. Ce sont des berlines mercedes, je ne sais trop pourquoi seulement cette marque, dans lesquelles s'entassent jusqu'à 7 personnes à la fois. J'imagine très bien une nouvelle dans les médias du genre: "Un accident impliquant deux automobiles aurait fait au moins 14 blessés, nous ignorons toujours pour le moment..."

Qu'à tout cela ne tienne, l'exotisme marocain par excellence demeure gastronomique. Tenez, par exemple, je m'arrête presque chaque matin devant un stand dans la rue où, pour quelques dirhams, je bois un jus d'orange pressé sous mes yeux. Exotique et délicieux!

Bientôt, les médinas et les vieilles villes, et aussi, à la demande de certaines, la place de la femme au Maroc.

1 commentaire:

  1. Salut,
    Bien, si je résume, tu as choisi un hamman "self service" entièrement manuel avec séchage naturel à l'air libre. J'imagine la scène du grand gars mouillé cherchant comment sortir de là dans l'honneur!
    Bon, m'en vais prendre une banale douche...
    continue de nous écrire tes superbes chroniques; tu nous réjouis et nous amène un peu avec toi.

    Hélène xx

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