Mon voyage au Maroc s'achève déjà et, bien que ce soit pour mieux continuer mon voyage, je dois admettre ressentir un petit pincement au coeur. En fait, les voyageurs purs et durs me dirais sans doute que c'est exactement pour cela qu'il est temps que je parte : je me sens de plus en plus confortablement installé au Maroc. Par définition, il me semble qu'un voyageur est toujours un peu incomfortable. Or donc, d'ici à ce que je reperde tous mes repères en Egypte, le 11 juin prochain, je vous dresse ici mes faits saillants du vocabulaire marocain. Vu des yeux de mes amis maghrébins, je tomberai sûrement dans un cliché ou deux... et puis pourquoi pas!
Les expressions marocaines sont souvent l'heureux résultat d'un mélange d'arabe et de divers dialectes berbères. Il y a de ces mots qui sonnent bien, que l'on trouve pesque des prétextes pour les dire de nouveau, pour refaire les mimiques qui les accompagnent.
Le "flouss" : c'est l'argent, sujet omniprésent dans une relation entre un touriste et son holmologue marocain. Il est toujours bien de pouvoir combiner flouss avec "bizef " (beaucoup ou trop selon le contexte) devant un marchant un peu gourmand. Pour bien réussir la combinaison, il faut prendre la face du "niaise-moi pas, je suis pas né d'la dernière neige" et dire "hada bizeeeeef de flouss!" Rien que comme ça, j'ai pu faire réduire de moitié le prix initial.
Devant les enfants, il faut plutôt éviter de montrer quelque richesse apparente. Si, par exemple, vous marchez à la montagne avec une grande boutielle d'eau froide à la main, ne vous surprenez pas qu'une bonne dizaine ou plus d'enfants vous courent après pour la bouteille, un stylo, du flouss... Il faut donc tout cacher et utiliser un autre de ces mots fantastiques : "walou". Allez-y, dites "walou", ou rien, quelques fois pour que ça sonne naturel et utilisez-le à la maison ou au travail. Du pur plaisir ! "Arachi dirham, arachi stylo" disent les enfants. Désolé, "la aïndi walou" (j'ai rien)... Waaalou! (Ici aussi on peut mettre l'emphase sur la voyelle au cas où l'on insiste).
Par ailleurs, la religion musulmane est très présente dans le language courant. Il est à la fois très utile et drôle de maîtriser certaines des millions de références à Dieu que l'on entend quotidiennement. Bismil'lah, au nom de dieu, est à mon avis la plus utile. Lors de n'importe quelle transaction marchande, dire bismil'lah remet au nom de dieu l'honnêté du prix payé... vous devriez voir voir la tête de certains quand je prononce ces mots! J'ai un ami qui a vu le prix de ses légumes diminuer rien que pour ça! Enfin, on s'en remet à dieu pour tout ici : avant un exercice physique exigeant, en démarrant le moteur de l'autobus ou du taxi (j'aimerais mieux qu'on s'en remette à la bonne mécanique mais bon...) et aussi à chaque que l'on commence un repas, pour ne pas oublier que bien manger n'est pas l'apanage de tous.
Inch'allah est un classique et, utilisé avec doigté, ce révèle un allié puissant pour rester polie et ne jamais rien promettre de trop engageant. On m'invite à prendre un café, à visiter un commerce de tapis, à passer pour discuter de choses et d'autres mais ça me tente pas ou je ne sais simplement pas ce que je ferai demain... "ouarra, membad inch'allah" (d'accord, plus tard...). On y prend vite goût! J'aime cette manière de remettre mes responsabilités dans les mains d'une force supérieure et abstraite!
A suivre. Et on se reparle de l'Egypte... Inch'allah!
mardi 8 juin 2010
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Génial, je trouve que ces expression sonne drôlement bien!
RépondreSupprimerBonne pyramides!
À chaque fois que je te lis, je me couche moins niaiseux... continue comme ça et tes fans deviendront tous savants!
RépondreSupprimerAu Mexique, l'équivalent d'Inch'allah est 'ahorita', qui veut dire 'ni oui ni non peut-être plus tard', très pratique quand on est indécis... je comprends tout à fait ton appréciation d'Inch'Allah.
À plus, mec!